Le looping sacré

Publié le 29 octobre 2026 à 21:48

Ce qui est ignoré et rejeté est une graine sacrée qui s’évapore.

 

Ce parchemin naquit d’un besoin de réflexion, de compréhension et d’expression à l’égard de principes régissant certains fonctionnements de l’être humain et, plus largement, d’un besoin de se reconnecter aux principes qui se jouent en la vie.
Au sein de ce petit traité, je développe différentes réflexions personnelles dans l’optique d’amener un autre regard sur notre façon d’être au monde, m’appuyant particulièrement sur les origines de la part sacrée qui réside en nous et des potentiels que l’on choisit d’honorer ou de délaisser. J’ai navigué entre quelques concepts existants et surtout vogué au travers de raisonnements liés à ma propre histoire et d’autres ressentis personnels, claire vision ou : encore envolés du coeur, qui m’ont permis de poser ces mots.

Cette conception du vivant repose sur mon propre prisme de vision du monde. J’ai laissé en ce travail mes observations et ressentis purs s’exprimer, d’abord dans la volonté de laisser émerger ce qu’il y a en moi, puis ensuite de l’offrir au monde s’il souhaite s’en saisir.

Merci pour votre ouverture d’esprit, et bonne lecture.

 

La nature, c'est cette force vitale et magique qui, sans cesse, crée, produit et lance dans le monde ses enfants [...] La nature est comparable à l'homme, à ce jaillissement intérieur qui dans notre âme fait surgir des pensées, des désirs, des images. Or, nos désirs, nos pensées, tout en différant profondément entre eux, tout en se combattant mutuellement dans notre âme, sont néanmoins tous enfantés par elle. Tous portent sa marque, et font partie de l'âme et, différents de l'âme, ne le sont pas. C est exactement de la même manière que les êtres vivants- et tous les êtres le sont — des «produits natu-rels», des «enfants» d'une seule et même force vitale et magique, qui est présente partout, en tout et en tous, qui est dans chacun d'eux et n'en est aucun .. - Paracelse

 

 

Lumain ou être de création

 

L’humain, être d’humus et de chair, mais aussi Lumain, en sa qualité d’être de lumière, est habité par l’une des plus grandes choses qui soient : la création. Afin de mieux comprendre comment ce potentiel créatif se déploie en l’homme, j’ai choisi de m’appuyer sur la symbolique de l’arbre.

La mythologie nordique parle de l’Yggdrasil, ou axe du monde, arbre depuis lequel Odin se pend par les pieds pour accéder aux « runes sacrées », et dit autrement : aux secrets du monde. De par son geste d'abandon conscient, il devient le vecteur entre les dimensions, incarnant pleinement le pont entre terre et ciel, allégorie du déploiement des capacités de l’homme au service de l’expression de sa fibre personnelle et sacrée.

Commençons par détailler ce potentiel créateur et principe de mouvement entre terre et ciel. Pour cela, j’ai choisi de m’appuyer sur un autre arbre : l’arbre kabbalistique, et de légèrement en détourner l’usage traditionnel afin d’en faire la représentation du chemin qu’emprunte le potentiel créateur au sein du corps humain. 

 

Ainsi en sa qualité de vaisseau terrestre, arbre à double racine ou encore réceptacle vivant, notre corps possède la capacité de capter les potentiels énergétiques qui l'entoure. L’on peut effectivement observer qu’il se forme en nous des intuitions qui, si retenues, deviennent des idées et cheminent en notre expression personnelle pour finalement aboutir à des réalités matérialisées et concrètes, ainsi donc : notre expression.

Et lorsque le trajet est rondement mené, à nos œuvres.

 

Avec l’arbre comme support, l’on peut se représenter le début du trajet dans le centre énergétique nommé Keter ou Couronne,  endroit depuis lequel des informations sous forme énergétique sont captées de façon intuitive, puis transmises au cerveau, réceptacle qui reformule cela en idées. Avant cette transformation, ces informations se trouvent voguer à l'état brut dans des espaces appelés vides créateurs ou champs étheriques. En ces endroits se trouve donc présentes différentes potentialités, à l’image d’une multiplicité de pièces de puzzle énergétiques se tenant en suspension dans les airs, en l’attente d’être saisies par l’une de nos consciences, structurants l’espace-temps selon le motif de la fleur de vie. Lorsqu'une pièce de puzzle est admise au sein d'un être, elle chemine en lui d'un corps énergétique à un autre. Ainsi la traversée débute dans le centre Keter, et se poursuit en la descente des différents points de jonction énergétiques, ou Séphiroths présents en l'humain (voir l'illustration ci dessous), pour achever son périple dans le Malchut ou Royaume, principe de représentation de l'expression de l'être dans la matière.

 

L’humain serait donc qualifiable d’être "ça-cré" étant celui qui a été créé, puis crée à son tour

Il capte par le haut l’information, qu’il laisse descendre en son intériorité pour que s’opère la transformation. Une fois l’esquisse interne achevée en son processus, elle trouve ainsi sa voie de sortie en devenant œuvre concrète, matérialisée, physique et tangible.

 

Ainsi le sacré arbre humain s’observe en sa capacité à déployer ce triptyque :

- Je capte par l’esprit
- J’effectue le mouvement en l’âme
- Je mets au monde par le corps.

Ce qui vient d’en haut se dépose en bas, et ce qui est créé à l’intérieur est projeté à l’extérieur.

Ainsi nous sommes en permanence traversés par des potentialités qui se jouent au travers de nos expériences, que nous laissons descendre en notre sein, afin de les faire renaître au monde désormais imprégnées de notre marque énergétique. N’aurait je pas mis le doigt sur notre fibre première ? Ce principe de mouvement inhérent à notre fonctionnement d’homme nous permet ainsi d’admirer la mise au monde du fruit de nos entrailles, dans cet espace qu'est le monde. Ce même espace habité par des lois immuables, et d’autres façons d’être vivant, qui nous devons l’admettre dépassent parfois nos capacités de perception biologiques.

 

 

"L'homme comprend tout — le monde sensible et maté-riel, les astres et Dieu. Il doit donc avoir en lui des parties — des éléments constitutifs —qui correspondent aux trois étages de l'univers: l'univers matériel influence des astres sur le corps humain, l’univers astral et Dieu. [...] "  Paracelse

 

 

Le monde ou Maison Dieu

 

Le monde étant un concept plutôt abstrait, en revenir aux racines du mot semble pouvoir permettre de mieux en saisir son essence. 

En son étymologie hébraïque, le monde se dit Ôlâm et désigne l’univers physique couplé à la notion d’éternité. Dans les textes sacrés, nous trouvons le terme Tebel ou encore ce qui est gravé de manière permanente dans la création, désignant ainsi les lois immuables de la nature. La nature, elle, se dit Teva ou « terre humide, et donc habité », à l’image de notre propre être investit par la création. Enfin en anglais, le monde se dit Word, du vieil anglais « werold », composé de « wer » (« homme ») et « eld » (« âge »). Ce vieil homme semble se trouver être en la responsabilité de chacun d'entre nous, puisque prenant éminemment forme à partir de la conscience personnelle de chaque être qui s’y trouve présent. Car le monde est une grande comédie divine dont chacun d'entre nous est en un même temps, l'acteur et le spectateur. Loin d'en être le nombril, nous pouvons tout de même admettre l'importance que nous avons dans sa structuration. 

 

Le monde peut être envisagé comme une sorte de terrain d’expérimentation que l'on se partage, nous offrant à vivre des épreuves du dehors, afin de nous permettre de grandir au-dedans. Cette divine création à laquelle nous participons tous, nous offrant la visibilité de toute vérité pouvant naître des différents potentiels placés en notre chair. En effet si l’on parvient à sortir de nos carcans personnels, l'on peut enfin concevoir le  monde comme un miroir reflétant notre façon collective de l'habiter. Et en sa grande sagesse, ce même monde semble nous laisser la possibilité d’expérimenter toute chose que nous souhaitons, sans intervenir sur notre libre-arbitre. Il se donne donc à nous entièrement disponible, reflétant en son existence le moindre potentiel intérieur de tous ceux qui le peuple. En son existence, il nous permet d'observer prendre vie ce qui se trouve en nos potentiels intérieurs, tout en s'inscrivant comme socle de base pour en explorer d'autres. 

Ainsi chaque vie tisse le maillage d’un grand tout inter relié. Là où chaque individualité participe au grand mystère de ce qui nous anime. Et le monde, Gaïa, Mère divine, Source ou encore père créateur semble nous assister, à l’image de parents bienveillants, nous laissant apprendre par nous-mêmes de nos propres expériences.

 

 

 

« L'homme occupe donc réellement une position privilégiée : il est créé à l'image et à la ressemblance de la divinité; il est aussi créé à l'image et à la ressemblance du monde. Et, si on regarde de plus près, on verra de suite que l'image et la ressemblance de Dieu n'est autre chose que l'esprit, tandis que l'âme et le corps représentent l'univers ..) Ils lui correspondent tout à fait exactement; il est possible d'établir un rapport précis entre les composants de l'organisme humain et l'organisme du monde. On peut déterminer à quels organes correspondent les planètes, puisqu'il est évident que les planètes et les constellations jouent dans l'univers le même rôle que les organes internes dans l'organisme: comme les unes règlent et dirigent la marche de l'univers, les autres règlent et dirigent la vie, le développement, la croissance et la mutation même de l’individu. » Paralcelse - Mystique, Spirituel, Alchimistes

 

 

La vie ou force créatrice

 

Notre état vibratoire constitue l’information que nous transmettons à l’univers. Conformément au principe de correspondance, le monde se contente de nous renvoyer des circonstances, personnes et événements en résonance avec cette vibration. Ainsi, les manifestations de notre expérience tendent à refléter ce qui se produit le plus fréquemment dans notre monde intérieur.  Et nous semblons agir en permanence comme émetteurs et récepteurs, au sein du continuum vibratoire de l’univers.

 

Nos forces créatrices et les interactions en notre monde émanent donc de vibrations. Lorsqu’elles atteignent une certaine hauteur, elles semblent entrer en résonance avec notre énergie originelle, celle affiliée à la force créatrice ou sacré du vivant. Et l’on peut constater que les œuvres les plus vibrantes de vie furent souvent portées par l’énergie de l’amour, celle pour ces bénédictions comme ces plaies. En reliance avec une fréquence proche de l’amour d’être en vie, nous semblons donc pouvoir toucher au pouvoir créateur. En conexion à quelque chose de plus grand et originel, nous semblons trouver la fibre de le déployer. 

 

 

 

Une vibration pauvre ou basse s'empare de tout être éloigné de son essence, et dit autrement, de sa source génératrice de vie.  Pour illustrer ce type "d'énergies basses", je dirais qu’il s’agit de glus, autrement dit des principes venant alourdir l’être, le faisant descendre dans des espaces de plus en plus  démunis de vitalité. Ces glus s'accrocheraient à nous comme des parasites alourdissants, nous faisant descendre en intensité à me sure qu'ils s'accumulent, nous éloignant de nos potentiels créateurs et transformateurs. Et lorsque suffisamment enfoncé dans un espace où tout potentiel de vitalité sera devenu un lointain nébuleux, l'être pourra alors se demander : mais à quoi bon sert-il de vivre ? 

Trouvons une solution me direz vous ! Et bien l’approche la plus efficace pour se prémunir contre les influences négatives semblerait consister à cultiver et à maintenir un niveau vibratoire élevé car dans les faits, une énergie de fréquence supérieure va naturellement l'emporter, et atténuer l’impact des vibrations de moindre intensité. Pour autant, nous devons admettre que la gestion de ces principes ne semble pas tenir à de simple choix volontaires. De plus, certaines croyances profondément inscrites fonctionneraient au fond comme des programmes invisibles dont la marque énergétique marquerait la répétition en nous de certaines peurs, limitations et autres réactions agissants depuis l'arrière plan du monde. Des entités qui semble vouloir garder prisonnière nos étincelles de lumière, nous condamnant à errer sans intensité dans des sous-bassement dépourvus du moindre élan de vie. 

Maintenir l'étincelle de vie c'est se relier aux potentialités du vivant et utiliser ses capacités de transformation afin d’en faire quelque chose.

Dans le meilleur des cas, une chose pourvue de vie, donc de sens.

 

E-motion

 

Pour faire varier et mettre au monde ces vibrations, l’humain dispose de différents outils énergétiques. Certains bien tangibles, et d'autres plus subtils.

 

Qui de mieux placé que l’émotion pour illustrer ces principes vibratoires qui sous tendent notre monde ? De par son existence, l'émotion incarne celle qui nous « met en mouvement, et jette en dehors », ou encore, fruit de l’interaction entre notre interne et l’externe. Un message énergétique, ou encore une décharge électrique, venant nous avertir que l’on doit se mettre en action. Les émotions servent à nous prévenir qu’une potentialité a rebondi en nous, et que cette chose doit impérativement être considérée de par la simple existence de sa présence.

Avez-vous déjà ressenti cette satisfaction après être parvenu à transformer une émotion brut en quelque chose de plus subtil ? Et à l’inverse, ce manque éprouvé lorsque nous nous contentons de simplement la refléter, la renvoyant au monde tel que nous l’avons reçu ? Peut-être que le sens premier de nos actions reposerait en notre capacité à transformer l’énergie captée avant de la restituer au monde ?

 

Car demeurer de simple miroir ne semble en rien être notre fonction première, et nier ces énergies semble nous condamner à devenir de simples témoins, ou Miroirs Réfléchissants. Des êtres qui se contente de simplement restituer, niants la trace de tout éventuel potentiel de création et de transformation présents en eux. De pales copies ou reproductions humaines, ayants coupées tout accès à leur source d'information profonde lorsque l'accès rétabli leur permettrait pourtant de se rapprocher de ce qui leur correspond. 

Lorsque l'être renie les émotions qui le traverse, il engage un processus de mise sous pression, à l'image d'une chaleur interne qui entre en ébullition dans le processus appelé pressurisation. Contenue de force à l'intérieure, cette énergie brute se devra pourtant de trouver un jour une sortie. Et lorsqu’une situation parviendra à fragiliser suffisamment l'être pour créer une brèche,  la pression sera devenue telle qu’elle se libèrera toute entière, telle une onde de choc. Rendu à ce stade, la déferlante n’est plus orientable et se déploie sans retenue. "Enfin débarrassé" l’on pourrait se dire. Et bien ce n’est pas si simple que cela. Car cette déferlante censée nettoyer, n'aboutit après son déroulé qu’au constat de ce fait : rien de concret ne peut être créé dans de tels mouvements chaotiques. De par leur nature intrinsèquement liée à la mise en mouvement, les émotions ne sont pas faites pour rester contenues en nous. L’énergie est un insaisissable, à la manière du sable que nous ne pouvons emprisonner entre nos doigts. Les émotions en leur présence avertissent de ce qui doit être entendu à temps puis soumis à un raisonnement conscient, afin d'en extraire le message et de se mettre en chemin. Malgré qu'elles soient invisibles à nos sens communs, ces dynamiques forgent pourtant la réalité qui nous compose. Le vivant s'entretient dans le mouvement et si l'on souhaite y participer, il semble impératif de comprendre que toute énergie rebondissant à notre contact (agréable ou non) se doit d’être accueille et considérée pour le message qu'elle vient nous délivrer. En cette dynamique repose notre responsabilité individuelle et collectif car accueillir et transformer en conscience, c'est émettre au monde un grain chargé de ce que l'on souhaite y voir. 

 

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La parole comme force créatrice

 

Nephesh, ou âme en hébreu se traduit par souffle vital, ou respiration. En son étymologie latine âme se dit "anima" ou respiration, mais représente également et surtout ce qui nous compose et nous anime. Ainsi, la respiration agit en nous au sein d'une dynamique dont le symbolisme s'anime en deux temps : à chaque inspiration nous prenons la vie pour ensuite la redonner à l’expire. Et c'est donc entre deux, au sein de cet interstice où le temps s’arrête que prendrait vie notre potentiel créateur au travers de différents outils dont nous sommes intrinsèquement munis.

 

Portons notre regard sur l'un d'eux : la parole. Ce possible extraordinaire en sa qualité d’émetteur vibratoire, accompagné d'une étymologie enchantant sa diction. Jean ouvre son évangile par la phrase « au commencement fut le verbe ». Je pense que bien d'autres potentiels précédant la diction nous inscrive au réel . Néanmoins, il est vrai que le mot semble participer activement à ce que nous faisons naitre au monde et qu'une parole prononcée entre ciel et terre permet d'inscrire concrètement notre naissance au JE de la matière.

En ces termes fixés, peut-être devrions nous porter d'avantage à la conscience le type de je(u) auquel nous nous attelons. 

Avoir recours à la parole, c’est émettre un souffle vibratoire qui marque notre intériorité et notre environnement d’une empreinte énergétique. Pour citer Miguel Ruiz « Les mots sont des sorts que l’on jette ». J’y ajouterai que tous les potentiels d’expression en notre possession sont des sorts que l’on jette. Les sorts étant ce que l’on sort à soi : nos intentions, pensées, actes... les mots que nous posons, les postures que nous adoptons... Absolument tout nos sorts présentent un potentiel vibratoire en leur capacité à pouvoir influencer, au travers de leur impact énergétique, les choses qui nous entoure. 

 

Notre façon d’être et d'intéragir au monde tisse sa toile profonde  Nos énergies s’accrochent en tout lieu, ainsi en la matière, et aussi en tout temps, marquant nos histoires passées, présentes et futures (même si  d'un point de vu quantique, le temps n'existe pas). La mémoire énergétique impact le champ qui nous entoure, et notre sensibilité s’en imprègne. Cela semble expliquer pourquoi nous nous sentons de tel ou tel façon dans certains endroits, avec certains êtres. J’aime nous comparer à des émetteurs et récepteurs divins, ayant plus ou moins développé leur potentiel d’accueil et d’émission vibratoire. Et ce que l’on appelle communément sensibilité chez l’être l’humain semble s’apparenter à la capacité individuelle (innée et acquise) que l’on possède pour recevoir et émettre des vibrations plus ou moins hautes, et plus ou moins lointaines.

Ainsi, ce potentiel vivant en notre âme, ou autrement dit, coupe bien remplie d’énergie, nous offre à chacun un grand pouvoir.

La parole que nous prononçons inscrit qui nous sommes par le choix de l’intention avec laquelle nous la mettons au monde, ainsi que par la conscience qu’elle peut provenir de nos parts d’ombre. Alors, si vous craignez les mauvais sorts, sachez que la « malédiction », en langage des oiseaux, n’est rien de plus qu’une mauvaise diction. Mauvaise, non pas au sens d’incorrecte, mais parce qu’elle est chargée d’une déconnexion du potentiel de création présent en l’être qui la prononce et que des paroles prononcées depuis l’énergie de la peur ou de la médisance, ne portent aucun potentiel pour bâtir un monde à l’image de celui que nous souhaitons secrètement voir naître au fond de nous.

 

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L’âme qui agit dans le noir

 

Considérons la magie (ainsi donc, l’âme qui agit) en ses termes de principe d'émission au monde.

Qu’en est-il de ce que l’on appelle la Magie noire ?

En langage des oiseaux, il s’agirait de l'Âme qui agit dans le noir. 

 

La psyché étant un vaste iceberg plus ou moins exploré par la conscience, le noir semble ici représenter une part refoulée de l’être que certaines entités tentent de faire demeurer dans l’ombre. Une terre ignorée et rejetée par des parts craintives tentant de nous en tenir à l’écart, allant jusqu'à en nier l’existence. Alors, cet espace laissé à l’abandon, privé de considération pour ses potentiels, devient un terrain d’accueil s'ouvrant à toute énergie basse et néfaste, venant volontiers s'y loger pour en prendre les manettes. Certains évoquent de petits satans qui prennent les rênes d'eux mêmes pour les conduire au pire. Il semble important de considérer que ces manifestations relatent de nos propres sous bassement.

Ainsi, alors que la magie blanche intervient comme tentative de ramener au conscient pour transformer des potentiels restés englués en zone d’ombre, la magie noire représenterait elle tout acte issu d'un stratagème visant à tenir écarté certaines parts et potentialités présentes en soi, ou en l'autre. 

En la compréhension de ces dynamiques intervient la nécessité de déployer sa responsabilité individuelle face à nos propres réalités : celles que nous émanons au monde, comme celles que nous nous laissons recevoir. Il semblerait qu'il se trouve en nous, non pas des monstres qui nous veulent du mal, mais des potentiels vivants dans l'ombre, qui n'attendent que d'être ramenés consciemment à la lumière pour être transformés. 

 

 

Les Qliphots ou "reflets sans vie" 

 

 

À l'image de toute chose, l'arbre de vie possède une contre partie obscure et inversée : l'Arbre de mort ou Arbre des Qliphoths. C'est une version rigide, s'opposant à la souplesse de l'arbre précédent, à l'image d'une matrice artificielle tentant de se fondre à notre identité. Il s'agit de l'ombre du premier, représentant les forces de vie se retournant contre leur propre nature, Dieu absent de lui même.

Les Sephirots se transforment en Qlipoths, des coques vides dépossédées du contenu divin qui leur donnait leur vitalité, enveloppées dans des couches d'obscurités venant tenter l'excès. Soyons au clair avec le fait que le mal n'est pas une aberration et s'intègre structurellement dans la création : sans chute il n'y a de vie. Le problème réside dans le fait de rester figer dans ces structures, s'empêchant tout retour ou accès à notre vitalité.  

Tout repose alors sur un savant équilibre. Lorsqu’une polarité l’emporte sans contre balancement, la Sephiroth perd son équilibre et glisse vers la Qliphot. Hesed sans Gevurah devient une expression infini qui se dissous dans l’indifférence, c’est la Qliphot de la générosité qui noie plutôt que de nourrir. Gevurah sans Hesed devient une contraction absolue qui étrangle, c’est le potentiel de force qui détruit car il a oublié pourquoi il était fort.

Chaque potentiel reçoit la lumière de celui qui le précède. Lorsque la chaîne de transmission est interrompu, elle commence à fonctionner en circuit fermé, à se nourrir d’elle même plutôt que de ce qui le dépasse. Et c’est précisément cette autarcie, cette fermeture à ce qui qui vient d’en haut qui crée la stagnation dans les ténèbres.
Un potentiel qui ne se nourrit plus de l’intuition qui le précède ou le surpasse en voulant ne dépendre que de soit, s’éteint.

Je vous propose de passer en revu ces différentes Qliphots afin d'en comprendre l'enjeu.

 

 

 

1. Là où le Séphiroth KETER représente l'unité absolue, la source de toute chose en son unicité indissociable, THAUMIEL représente la dualité radicale en la séparation des choses en deux pôles opposés et irréductibles invitant ainsi un état de conscience qui considère toutes choses dans ses opposés, sans nuance ni synthèse. 

2. Là où le Séphiroth CHOKMAH représente la sagesse dans son caractère d'habilité et de discernement, GHOGIEL évoque la confusion, l'illusion d'une sagesse qui ne mène nul part ou encore, une intelligence pure tournant dans le vide sans s'ancrer dans une vérité réelle. On parle ici de la brillance intellectuelle au service de rien, de la capacité à construire des arguments constructifs sans engagement réel vers la vérité. 

3. BINAH ou encore "l'oeil de Dieu" représente la sagesse dans son intuition et sa profondeur, SATARIEL représente un principe d'intelligence qui obscurcit et se cache dans des systèmes de pensées si complexes et séduisants qu'ils empêchent toute possibilité de perception directe du divin : lorsque l'intellect devient prison de l'être.

4. Là où CHESED représente le potentiel d'amour divin présent en toute chose, GHA'AGSHEKLAH pervertit cet amour en possessivité destructrice, en contrôle obsessionnel ou en générosité qui emprisonne au lieu de libérer. C'est le parent sur-protecteur qui étouffe, l'amoureux jaloux qui détruit ce qu'il aime, l'idéologue qui veut sauver l'humanité en la soumettant à sa vision du bien, etc. 

5. GEVURAH nous parle de potentiel de force et de jugement. Là où il apporte les limites, la discipline, la destruction nécessaire et le tranchant de la justice pour éviter l'excès de complaisance, GOLACHAB (les brûlants) incarne la perversion de cette rigueur en violence gratuite. Il transforme le jugement en sadisme, la capacité de tracer des limites en destruction sans bût. Il s'agit de la force brut ayant perdu toute connexion avec la justice ou encore la violence pour la violence, le pouvoir comme fin en soi. 

6. Là où TIFERET représente le point d'équilibre où tout se réuni en la beauté et l'harmonie, THAGIRIRON se présente comme une recherche de justice masquant une incapacité à tolérer l'harmonie et amène la discorde ou encore, la guerre de tous contre tous.

7. Là où NETZACH représente l'énergie, les passions, les motivations ou encore, l'énergie brute de l'individu, A'ARAB ZARAQ (les corbeaux de la dispersion) amène la perversion de la passion et du désir en débauche destructrice. Ce Qliphoth transforme tout élan vital en addiction et dissolution. C'est une énergie qui dans sa forme saine est créative, désir et force de vie, vient ici se réduire à la compulsivité de la stimulation pour elle même sans orientation ni but, venant dévorer progressivement tout ce qu'elle touche. 

8. Là où HOD représente l'expérience du monde physique à travers le raisonnement, la capacité à communiquer, transmettre, relier, SAMAEL est le principe de communication qui empoisonne, la parole qui divise ou encore l'intelligence mise au service du mensonge et de la manipulation. 

9. Là où YESOD représente le fondement de nos manifestations, la force de connexion ou encore le je identitaire nous permettant d'exprimer notre individualité, GAMALIEL (la récompense obscène) est la connexion qui isole, la fondation qui enfonce, l'élan vital retourné vers la destruction systématique du lien à sa propre individualité. 

10. Là où MALKUTH vient toucher la réalité du monde physique et le maintient de son existence, LILITH est ce que le royaume devient lorsque tout contact est coupé, représentant un monde qui tourne sur lui même niant toute dimension divine qui le sous-tend et le constitue. Ce Qliphoth représente la matière qui refuse d'être éclairée, un monde sensible se refermant sur lui même et prétendant à une autonomie qu'il ne possède pas. On peut parler d'un état de conscience qualifiable de matérialisme radical : lorsque l'être perçoit et valorise uniquement ce qui peut être quantifié, mesuré, consommé, coupé de toute dimension dépassant le sensible immédiat. 

 

En trouvant les potentiels refoulés, l’on commence à localiser l’étincelle divine que l'ombre tient prisonnière. Et en localisant l’étincelle, l’on peut commencer à travailler à la libérer.

 

L'étude de ces potentiels vivants en notre sein nous permet d'aboutir à la considération de cette idée :  il s'agirait de récupérer ces "étincelles divines" présentes en nos Qliphots dans une dynamique visant à les traverser directement, et d'arracher à l'obscurité ce qu'elles y cachent. Mais attention, car certains niveaux de réalité doivent être traversés muni d'un ancrage profond. Sans ces fondations, cela peut briser une conscience car non préparée, elle ne sera pas munie des ressources nécessaire pour y faire face sans être mise en danger. Cette mise en garde s'applique à la fascination car il est évident que l'obscurité exerce une séduction, une fascination pour ce qui transgresse et est interdit et semble promettre une puissance et liberté que la vie ordinaire et la lumière ne donnent pas. Il s'agit précisément du mécanisme utilisé par les Qliphots pour attirer les consciences vers elles : la promesse de puissance, de connaissances interdites, d'une liberté qui s'obtient en brisant les limites. Comprenons pourtant que cette liberté de toute contrainte ou obligation se révèle être en réalité une servitude à la désintégration progressive. Aucun être apparait libre lorsqu'il est enclavé de ces propres Qliphots, mais demeure au contraire pris dans un circuit fermé  tournant sur lui même, et consumant progressivement tout ce qu'il touche. La liberté vient de l'alignement avec nos forces créatrices, et non dans leur transgression et se situe donc dans l'exact l'opposé consistant à créer, aimer, comprendre et rayonner. 

En mon nom 

Maintenant je vais vous parler de mon histoire, et donc en mon nom, puisque c’est seulement comme cela que l’on peut s’assurer d’être débarrassé de toute projection froide et impersonnelle.

 

 

Lorsque je songe à la première partie de ma vie, deux façons de me souvenir m’apparaissent. L’ancienne, remplie d’illusions, mélange allègrement faits et mélancolie. S'il me prend de l’ouvrir, je récolte ce de quoi je l’ai rempli : de jugement. J’examine, je décortique au sein de situations ciblées, le comportement de chacun. S’associe à ces scénarios mentaux une panoplie d’émotions contradictoires, tantôt de la haine, tantôt de l’affection ou de la pitié.

Une spirale sans début ni fin, s’emmêlant d’autant plus lorsqu’elle tente d’être démêlée.

Désormais, ma façon de concevoir les choses a évolué. Je tâche désormais de la faire exister sans jugement ni complaisance. Je vais essayer de la mettre en mots sans autre prétention que mettre en lumière, puis laisser, ce qui grâce à cet exposé a enfin pu être pardonné. Le plu s difficile fut d’en parler avec ma conscience de maintenant, sans en diminuer l’ancienne douleur présente en mon être.

Voilà ce que cela donne.

 

Ce qui sauva ma foi, fut de comprendre très tôt, que chacun d’entre nous abritait les mêmes maux, que l’on a tenté ensemble de réduire à mal. 

 

Dans mon enfance, j’intègre très jeune qu’émotions, et surtout tristesse, sont des entités à enfouir. Je témoigne des déchirements relationnels, chacun d’entre nous en sa capacité à émettre un avis sur un autre. Là où l’on rêve réunification, et qu’il s’agit de choisir son camp. Je ne peux parler pour les autres. Je sais juste que personnellement, je portais une douleur au cœur, et une rage dans le ventre. Dans mon huit clos, il s’agissait de vivre entre 4 clous, portés par les gluants du sort : projection, méprise, orgueil et rigidité.

Je tiens à dire que j’ai malgré tout vécu des moments de partages, de complicité et d’amour.

Mais aussi, de la violence physiques, de la violence morale, du dénigrement, des humiliations récurrentes, le non-respect de mes limites.
Plus tard, j’ai vécu des violences et des abus sexuels, ou encore, l’abandon de soi.
Bref je me suis faites vivre, le rejet de mon être.

 

 

J’ai vite remballé mes émotions et l’exposition de ma sensibilité, de peur de n’appartenir à aucun clan. Je me souviens être en conscience très tôt, ainsi qu’une sensation permanente de se vivre de l’extérieur. Un être mature, et dans l’adaptation, je dirais un saule, muni d’un dragon lâché sans précautions ni vergogne lorsque tout était de trop. J’ai développé en mon sein beaucoup d’entités, des excessifs, des absents. Un être traversé par des processus, insaisissables, résultant simplement du vivant tentant de survivre, sans ce qui le fait vivre : l’amour de soi. J’ai appelé cela : le processus d’inversion du vivant. Lorsque tout est contenu, géré, contrôlé, forçant le vivant à muter, À devenir assez vide, sans expression profonde, oscillant à l’intérieur entre excès et mutisme, et à l’extérieur entre fanatisme et rejet. Un monde où chaque être calme en apparence, porte en lui le potentiel de déclencher une guerre mondiale.

 

 

Ainsi, j’ai créé mon propre film intitulé maman, papa, j’ai raté l’enfance.

 

Tout ce travail pour enfouir mes émotions réelles me demandait de l'énergie. Presque l'intégralité de celle-ci consacrée à se contenir elle même, en la peur de déclencher la colère des autres, dans une certitude profondément ancrée que c'était cela, devenir un adulte.

L’espace-temps se transformait en un agrégat flou, vibrant dans une froideur basse qui de base me fut étrangère, puis devint mon terrain de jeu. De temps à autre, je me permettais d’y rapporter quelques fougues de célébrations intempestives, ou de colères mortifères. Des soufflés qui lorsqu'ils montent rapidement, redescendent forcement tout aussi vite. Une développement en décalage à soi, dans un manoir hanté par des entités sombres et projectives. Le théâtre de l’enfance ? Un champ de bataille où chacun s’affronte, se cache pour survivre au poids écrasant d’un passé maintenu douloureusement écarté, semblant donc destiner l'avenir à un passé similaire. L’énergie environnante sert à poursuivre cet enfouissement profond. Un amas de poussière dispersé grossièrement sous un tapis, sur lequel chaque jour passant, les différents membres de la constellation trébuchent, puis finissent par piétiner, ou éviter. Tout cela, sans même penser pouvoir y jeter un coup d’œil, en la crainte qu’un sale truc pourrait leur sauter à la gorge.

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Les secrets trop bien gardés nous conduisent à chercher des réponses au mauvais endroit, puis à maudire la vie. Et à mesure que je me rapproche de la carotte de la validation, je me détourne de ma vérité.
« Ce légume que je convoite, je l’aurais par tous les moyens. »

Alors j’adopte au hasard, un comportement, puis un autre. Calquant mon agir sur la base de furtif idéaux, demeurant simplement le temps de comprendre que ce n’est pas celui- ci. Et si ce n’est pas celui, c’est qu’il est mauvais, que je dois le combattre, et que s’en trouve forcément un meilleur ailleurs

 

En grandissant, j’aie fait mon possible pour maintenir des zones douloureuses de mon vécu dans l’ombre, oubliant peu à peu l’origine de ma vitalité, coupant l'accès à ma plus grande source d'énergie. Une graine de rejet avait été déposée en moi, et je continurais à la cultiver en remettant ma propre vie, à quelques pétards mouillés que l’on appellera : subir ou prendre parti.

 

À s’en mordre la queue

Je prendrais sur mes épaules tout le malheur du monde, car tout est de ma faute. Si je suis mal aimée, et si mes ancêtres pour mal m’aimer, avaient sûrement aussi été mal aimés. Peut-être puis-je prendre tout cela en charge ? Je m’attellerais à guérir les blessures des autres. Peut-être pourrais-je remonter le temps et empêcher tous ces malheurs ? J’entamerais une expédition, pour assassiner tous les méchants de ce monde que j’ai évidemment jugé de mon objectivité la plus totale.
Et puis finalement non, car je le reconnais, je n’en ai pas l’audace. Alors je vais me contenter de les maudirent au loin, au travers de mes mal et dictions. Et puis d’autres fois, offrir gracieusement la possibilité au monde de me faire porter le poids de ses souffrances et divisions. Je vais le prendre volontiers sur mes propres épaules, convaincue au fond de moi, être l’unique responsable de chacun des maux habitants cette terre.

 

Et en cet instant, je devins l’antagoniste première de mon propre mal-être dans l’évitement actif de la complémentarité de toute chose présente en mon être.

 

Vous l’avez compris, j’ai choisi un camp, celui que j’appelai le « bien ». Une case carrée permettant de se ranger en un étroit honneur. En sa présence, mon agir est surtout obligation et rarement obligeance, puisque mon inconscience ne fait aucunement la différence entre une interaction sincère et un danger. Et oui, protégée en les remparts de la forteresse du supposé bien, chaque approche semble au loin être une sympathique attaque imminente.

Car si je suis le bien ? Le monde lui est le mal. Et donc, une menace constante.
Chaque être m’envahira par sa simple existence. C’est une évidence. Oui, je dois me défendre de toute chose, tout en défendant toute chose de toute chose.
Je ne peux alors que repousser, sous une fausse énergie de bonté.

 

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Une épine dans le pied ça fait mal, imaginez dans le coeur ?

Alors que je pense être une adulte responsable, je coupe au cutter le lien à mon âme, oscillant entre excès d’empathie, et haine revendicative. L’histoire enfouie au plus profond de moi, je fais de mon être un système de réparation joué par l’archétype que j’appelle « protectivement démissionnaire ».

Prêt à tout pour les autres, pour ce qu’elle pense être le bien commun, prête à faire de grandes leçons en la prétention de sauver le monde. Mais surtout pas soi-même.

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Coupée de l’intuition du cœur, je suis prête à reproduire envers les autres, ce qui m’a moi même rendu là. Je serais dans le même temps, bourreau, victime, et sauveur. Le joaillier de la prison que constitue mon propre être. Ce fonctionnement, ne me donnera aucune possibilité de pouvoir mener sereinement quelconque projet, ou relation. Tant pis, il s’agit de protéger ces ressources, quitte à ne jamais en bénéficier. 

Ce spectre voguera, de projection en projection.
De répétition en répétition,
Et de déception en déception.
Sans concevoir qu’il puisse exister une quelconque autre manière de fonctionner. De longues courses effrénées, où le constat fut sans appel

En ce labyrinthe externe, chaque supposée sorti, est en fait un cul-de-sac.
Et à vouloir trop vite rejoindre le ciel, je n’ai pu que brûler mes ailes, puis tomber à la mer. Appelez moi : Icare.

 

"Et les cavaliers de l’apocalypse ont semblé bien décidés à fracasser de leurs sabots mon cœur qui n'acceptait de s’ouvrir."

 

En son sein

« L’homme n’est tombé par la décision d’un dieu vengeur et punissant, mais bien de par sa propre volonté de régresser, dans l’attente de pouvoir cueillir le fruit de l’arbre, lorsqu’il sera d’autant plus mûr ».

 

Un soir de lune, maman Marie vint me visiter.
Sa parure était d’un bleu immaculé de rouge, mêlant le divin à l'humain. J
e m’étais rendu sourde, nageant dans mes propres brumes. Mais sa simple présence suffit à me transmettre ce message :

« C’est en la chair que le divin doit être vécue, car la seule conscience immaculée de bleu ne peut transmettre les mystères à l’humain. La vie est faite pour être vécue dans l’expérience de la chair. Et si l’amour de soi nous porte, nul ne peut s’opposer à l’aboutissement de nos plus belles œuvres. »

"Observe lorsque tout t'abandonne la fulgurance de cette fibre en toi qui demeure là à tes côtés, et se contente d’être présente, lorsqu'enfin tu la permet. Toute existence incarne de par son être au monde, un JE témoignant de la présence de la création en lui. Et ta source, ni complaît ou condamne mais, t'accueille et soulage à chaque instant où tu ose enfin t'y connecter. Il ne s’agit pas de manifester en l’espérance d’une apparition flamboyante, mais d’ôter le voile, puis de s’abandonner les mains jointes au souvenir de ce qu’est la vie. Le divin n’est pas un châtiment, mais bien la présence chaleureuse qui recouvre nos maux. Chaque être en son expérience de la matérialité est amené à jouer le jeu. Et le jeu de la vie implique l’acceptation des potentialités et non la stagnation en leur appréciation, du moins si l'on souhaite y poursuivre sa véritable quête."

 

Puis elle partie.

 

 

L’on dit qu’elle nous échappe, pour que l’on aille se chercher en soi-même... Je me recueillis sur ces quelques mots.

Alors je me souvins de « la bête », le dragon, la méduse bref, les monstres rendu captifs au fond de mon être. Ce soir là, je compris qu'il était temps que je me mette en route vers eux.

 

 

 

Arrivé en ma destination, donc au plus profond de moi même, je m’assis près de la cage. Cet endroit où fut enfermé si longtemps certaines parts de mon être. Saisie d’un nouveau courage, je décidai de les considérer, et levai le regard. À ma grande surprise, les yeux de ces monstres n’étaient teintés d’aucune agressivité. J’y distinguais simplement le reflet des miens, dans une incompréhension infini.

Alors quelques gouttes ont roulé sur mes joues, puis un torrent. On dit que l’eau s’écoule en la quantité nécessaire à nettoyer toutes les charges accumulées. Je fus prise à demander l’accord de mon propre pardon. Celui de m’être si longtemps fermée aux vérités profondes. On dit que Médusa pétrifie, mais l’on ne mentionne pas qu’avec du courage, on peut la regarder sans crainte d’y rester de marbre.

 

 

 

"Les jours passent, se traduisent par des allers-retours entre mon sous-bassement et mes automatismes"

 

Depuis cet épisode de conscience, je pris l’habitude de me connecter de plus en plus régulièrement en mon intériorité, afin de mettre à jour progressivement cet espace inhabité et lugubre. Je comprends que mes émotions et ressentis faces à l'environnement ne sont pas des choses à combattre, mais des indices me menant à la connaissance de moi-même. Et à mesure que mon être se relie à ses vérités, toute peur de manquer aux artifices et de considérer les jugements du monde semble s’évaporer. 

 

Sanctuaire : le lieu du renversement

 

À mesure que l’on s’enfonce en nos entrailles, nous mettons la lumière sur chacun de ces potentiels nous composant. Lorsqu'on accepte de les laisser se faire connaitre, nous pouvons entamer ce processus d'alchimisation indispensable à notre réunion à soi. Et la foi semble être ce doux soutient qui nous accompagne en nos explorations. 

En méditant sur soi en la justesse de Thémis et la fougue d'Artemis, l’on se permet d’assister à la construction de fondations solides, inhérente à notre propre relation de confiance. Il s’agit d’honnêteté totale. Notre sanctuaire devenant le lieu de la foi, du rassemblement et de la Catharsis. Ce grand retournement où l’on épure les différentes blessures afin d’être de nouveau disponible à accueillir ce qui nous traverse. L’ouverture aux runes sacrés, aux secrets du monde que l'on vient décoder au travers de notre chair. Oui, suffisamment de lumière en notre dedans permet de reconnaître derrière les traits des monstres, le potentiel de Dieu présent en soi.

 

 

Nous portons en nous non pas des monstres à combattre, mais un être à considérer, des potentiels à explorer, des énergies à maîtriser, ou encore, des étincelles à retrouver. Remplir sa chair de lumière est une préparation qui entretenu avec conscience et régularité, permet d'aboutir au couronnement de sa propre souveraineté.

 

 

« Tant que tu n’ouvres ton cœur à toi-même, tu appelleras monstre ou démons en dehors, ce que tu dois simplement faire jaillir du fond de toi  ».

 

L'illusion héroïque  

 

 

 

Nos ancêtres nous ont gracieusement montré qu’il est d’un ancien temps, de croire aux Héros. Ceux qui se parent de la cape de la  prétention de sauver un certain nombre d’autres, en dépit de se reconnaitre eux mêmes. Et chaque autre, démuni de sa souveraineté, ralliant sa force à ce petit être destructeur en son potentiel. Ces chimères collectives, déployant le contrôle sous couvert de sécurité, nommant des faits comme à éradiquer, ne savent que garder violemment sous scellés, des énergies qui lorsqu’elles parviennent à se déployer, ravagent absolument toute vie autour.

Ces mêmes dogmes en leur particularité de frustrants, ayant poussés l’énergie de si petits hommes, puis de tant d’autres, à se brancher sur la fréquence définitive de la peur, puis de la destruction massive, n'ayant sur reconnaitre et maitriser les potentiels qu'ils abritent.

 

 

La répression essaye d’éliminer les zones d’ombres en les niants, les ignorants, en construisant des défenses de plus en plus solides contre elles. Pourtant il faut comprendre qu'à chaque fois que l’on nie une partie de soi même en la rejetant comme mauvaise, on coupe d’avantage le flux de lumière ayant le potentiel de la transformer. Cela exige un regard qui cherche non pas la condamnation, mais la compréhension : qu’est ce que cette colère garde ? Quel désir profond et légitime se cache derrière cette peur ? Quelle capacité réelle s’est déformée dans cette compulsion destructrice ?

Ces ombres possèdent des réalités cosmiques qui structurent certaines dimensions de la réalité extérieur. Elles correspondent précisément au formes que prend le pouvoir lorsqu'il se sépare de la justice, aux structures sociales qui perpétuent la souffrance sans intention de la guérir, aux systèmes politiques et économiques qui extraient sans redonner, concentre sans distribuer et isolent sans relier. 

 

Il est aisé de blâmer celui qui croque la main, mais qu'en est t il de celui qui tient la bouche fermée ?

 

 

Il semblerait que l'on se sente concerné par la sainte horreur d'une chose lorsqu'elle reflète un intérieur non reconnu ni maitrisé, figeant l'être dans une incapacité à intégrer ce qui le compose. Des monstres dépeints aussi hideux que la juste mesure de ce qu'il tiennent pour en-dehors pour se le refuser à soi-même.

Ceux qui n'acceptent de se reconnaître dans leur nature profonde semble être amenés à rejouer les mêmes épreuves, puis à les maudire. Une boucle de mal et dictions, les condamnants en chaque sort jeté sur le monde, à se les reprendre en pleine face. 

Ces entités ne vivent pas dans un enfer lointain, mais dans la structure même de nos psychismes. Ainsi, puissions nous regarder honnêtement nos propres zones d'ombres, patterns destructeurs et tendances à nuire. Ce que l'on trouve n'est jamais une force étrangère nous envahissant, mais bien une parti de soi s'étant retournée contre sa propre nature lorsqu'elle a perdu tout contact avec la lumière qui lui donnait son orientation juste.

Le travail ne repose donc en rien sur un combat ou une élimination, il s'agit d'un travail de récupération, d'une réorientation ou encore, de la restauration du contact avec sa propre lumière. Il ne s'agit pas de tuer le monstre, mais de comprendre ce qu'il garde, et trouver comment récupérer ce trésor sans être consumé par le feu. Ainsi cet enseignement cesse d'être une théorie sur le mal et devient une cartographie précise des formes particulières qui composent nos obscurités. 

 

Sans jugement ni complaisance

 

 

Alors que fait-on de l’impétueuse tentation, appelons la tentatueuse "magie noire", à demeurer en la projection en l'externe, ce que l’on ne veut reconnaître pour soi ? Me concernant, je la laisse déballer sa fresque, puis je sors ma pièce maîtresse : Loyauté et vengeance sont de même augure, car si je me prends à défendre l’un, je me retrouve instantanément à parjurer l’autre. Il est possible d'emprunter une troisième voie,  à l'image de Jésus qui en son épopée n’a pas jugé mais a plutôt appliqué sa propre vertu, choisissant en conscience de se nourrir de ce qui le traverse de plus grand, et de laisser ceux qui le parjure en leur conscience. 

 

 

 

Chaque fait énoncé depuis le dit verbe créateur, dépeint notre réalité propre. Les mots ne sont des sorties légères. Et enchanter ressemble bien étrangement à enfanter. Peut-être pour cela que nombre de bateaux ont dérivé au son du chant des sirènes. Il serait tentant d’en tenir la rigueur aux créatures enchantées. Or, le marin en sa responsabilité, s'est laissé tenter par l’illusion à défaut de nourrir sa vérité. 

De nos jours, le "chant des sirènes" prend plein d’autres formes : gloire, richesse, reconnaissance, visibilité. Mais qu’est-ce qui nous oblige à suivre ces  chemins ? Chaque être porte en son sein un parcours de vie propre à lui dont il  a pour responsabilité de ne pas se faire voler. Peut-être est-il temps de se demander sincèrement ce qui nous nourrit profondément, et ce qui nous dévitalise. 

Lorsque nous réactivons cette mémoire profonde de qui l'on est, nous pouvons ensuite nous diriger vers la responsabilité du choix de ce que nous souhaitons accomplir.

En laissant notre lumière briller, nous participons à faire grossir la lumière collective.

 

La notion de "péchés" a longtemps faites porter aux hommes une dette invisible leur  faisant croire qu'ils n'étaient pas digne de la lumière. Il convient d’observer que d’autres l’ont compris, et appuient sur les blessures de notre histoire, créant une allégeance délicate. Ce jeu déployé sur les blessures collectives semble pousser certains d'entre nous à croire qu’ils doivent renoncer à leur fibre personnelle, et à leurs bénédictions. Une limite imaginaire posée entre terre et ciel, à l’image d’une épaisse brume opaque et étanche coupant toute possibilité d’apercevoir la lumière qui est pourtant toujours là , prête à être saisie.

La plume de Mat en son récit populaire évoque une balance rendant un verdict sur la pureté ou non de l’âme à laquelle elle se mesure. Cette version de l'histoire suggère ainsi que l’on serait jugé, et que le destin de notre être resterait figé sur ses agissements. Affranchie de tout récit culpabilisant, la plume de Mâat témoigne simplement de la légèreté dont l’existence peut se munir lorsqu’elle est libérée de ses  poids. Car entendons-nous bien : lorsque l’être décide d'évoluer, le royaume de l’éternité ne peut lui être refusé, puisqu’étant une partie de lui-même qu'il choisit d'arrêter de renier, et d'enfin habiter. Ainsi, se délivrer du poids de la culpabilité, c'est activer la possibilité du choix en sa responsabilité. 

L’homme se condamne à la tragédie lorsqu’il pense devoir passer un test. Certains seraient bons, d’autres mauvais et mériteraient sous leur jugement humain, leur propre abandon ou rejet. Pourtant, la vie n’est pas un test, mais une expérience. Et cette expérience n’a pour but d’être jugée, mais bien d’accroître la connaissance de la matérialité où l’on interagit en conscience de ce que l’on expérimente. Et l’on doit bien admettre qu’on ne peut contrôler l’épreuve, mais bien juste se laisser traverser par ce qu’elle vient nous enseigner. Le libre-arbitre semble intervenir après, en la qualité de notre être à pouvoir choisir ce qu'il souhaite perpétuer ou non.

S’affranchir

 

 

Prenons en témoins les êtres présents dans les mythologies et récits fondateurs, dont la nature de l'existence s’accorde sur un point : au sein de ces aventures, il s’agit toujours d’individus curieux souhaitant s’affranchir de la plénitude infinie. Ils partent vivre l’expérience qu’est la finitude de l’être en leur épopée personnelle ou chemin de vie. Leur apprentissage intervient et leur vie prend sens lorsqu’ils parviennent à transformer l’épreuve en autre chose qu’une tragédie.

 

Être coupé de notre complétude est une expérience douloureuse. Ainsi en notre courage d’avoir souhaité en faire l’expérience en notre propre mythologie, nul besoin d’ajouter quelconques exigences ou accablements quant aux expériences menées. Encore moins de se retirer la possibilité du pardon. L’homme prend sa valeur divine en sa conscience qu’il ne peut changer ni ce qui est déjà accompli, ni ce qui doit être accompli par les autres. Le fruit de la création regorge de possibilités dont il appartient à chacun de mettre au monde et expérimenter, en la considération de ses potentiels. Car aussi difficile qu’il soit de l’entendre, il y a en nous tout autant le potentiel violeur que le Christ. Le processus de rejet, dans la désignation de coupables, boucs émissaires, semble être un mécanisme venant tenter de contrôler ce à quoi l’esprit n'arrive à faire face : la complexité d’empiècements tragiques. Ainsi nous sommes capables de mener des enquêtes riches et constructives. Mais qu’en est-il de notre capacité d’accueillir ce que notre nature aurait la capacité d'émettre au monde ?

 

 

"Nous appartienne étroitement à TOUS, les erreurs de l’Adam prodigue, Prométhée, ayant su propager le feu des dieux partout où il est passé. Il s’agit de l’assumer. N’avons-nous finalement pas engendré ensemble nos êtres, dont le vécu douloureux met en lumière ce qui a été trop longtemps ignoré ? « Nombreux, sont appelés, très peu sont élus. » Dit Jésus. Chacun portant un morceau  de Divin a donc la possibilité de choisir de l’invoquer, et de transcender cette part facile en lui. Il appartient à chacun de s’élire souverain de son royaume en commençant par changer le regard qu’il porte sur les faits de sa propre vie, et de celle des autres. Bienvenue soit le jour où l’on arrivera tous, à embrasser le tout. Et à l’image de la nature, laisser s’abandonner nos inquiétudes à notre création, pour enfin renaître sous un meilleur jour."

 

 

Regardons nos épreuves et comprenons enfin : il ne s'agit d'une chute vers les ténèbres, mais bien d'une ascension vertigineuse vers la vérité. Prométhée est en chacun d'entre nous, et chaque fois qu'il choisit la vérité plutôt que l'illusion, il se saisit en conscience du feu des dieux pour illuminer le rocher avec pureté. Le bût n'est en rien de fuir le rocher, mais le l'illuminer avec le feu que nous portons en nous. En. ces termes, Sisyphe peut désormais sortir de sa mélancolie et entrer dans une autre dimension de son existence : une où il ne subit plus le rocher mais commence à l'illuminer. Car le mythe ne s'arrête jamais à la souffrance... lorsqu'on le décide. 

 

 

 

La connaissance seule ne suffit à briser les chaînes, tout comme aimer ces plaies sans questionnement n'est en rien suffisant à les panser. Descendre du rocher de la mélancolie c'est parvenir à allier l'action juste, en la compassion. À l'image de Chiron le guérisseur blessé, c'est en acceptant sa propre blessure dans un geste d'intelligence, puis en l'offrant au monde dans un geste de compassion, que l'on parvient à trouver sa liberté.

 

 

 

 

Bienvenu en maison mère

 

C’est bien après de nombreuses rondes revisitées en moi-même, que je pus être traversée par un éclair de reconnaissance : lorsque nous transfigurons la chute, vers un pas de danse, l’épreuve devient génératrice de mutation, nous permettant de diriger l’âme vers sa nature la plus profonde. Ainsi, ces expériences sur terre, nulles sans tumultes, nous guident vers la totalité de notre être. Et la foi elle, nous accompagne toujours, en sa qualité de présence lumineuse dans les ténèbres de certaines. Une croyance n’a en cela, aucune espèce d’importance, car c’est dans le cœur de chaque homme que s’établit le royaume divin. Et ma foi est finalement la présence dont j’avais besoin pour m’ouvrir aux potentialité en moi afin d'équilibrer en dedans, ce que je portais coupable au-dehors. 

Un regard arrêté empêche tout accès à la guérison. 

 

 Porter son regard sous le prisme du jugement nous amène a questionner si l’épreuve fut bonne ou mauvaise. Alors que là n’est pas une question qui nous est posée, mais bien une proposition pour s'élever. Là où la beauté satisfait les sens, la profondeur elle nous saisit en un signal raisonnant dans tout notre être. Trop questionner la vie, c’est obscurcir une lumière qui ne demande qu’à être accueillie au travers des épreuves nous ayant traversées. La vie se célèbre, ou se recueille sous ses propres auspices. Mais ne saura exister en son soi, sous les joutes incessantes d’un autre qui se demande s'il aurait pu en être autrement. Il s’agit d’accueillir tout le possible qui nous est offert, en notre potentiel à en faire quelque chose. Autrement dit, comprendre que même nos malheurs nos blessures, nos souffrances sont des potentiels d'évolution venants de la création en elle-même. Et même s'il peut nous sembler parfois qu’il y a le bonheur et le malheur, derrière tout, ça il y a surtout une source qui pousse, tire, fait chaud ou froid dans le but de nous laisser grandir. C’est un enseignement ni confortable ni désespérant. Il demande un effort, un engagement et une lucidité réelles sur la nature de ce que l’on affronte et offre en échange une perspective dans laquelle aucune situation n’est irrémédiable, aucune obscurité n’est absolu et où le travail de transformation a toujours un sens, parce qu’il participe à quelque chose de plus grand que la vie individuelle. Il participe à la rectification cosmique, au retour progressif de toutes les étincelles dispersées vers leur source de lumière. 

 

En le pardon, nous comprenons que les êtres les plus cruels sont également ceux se laissant être empêchés par leurs propres blessures, les fermant à eux-mêmes, puis aux autres. À l’image d’un corps transpercé de toute part, et un être niais de bien vouloir le voir. Les magiciens noirs agissent, prisonniers de leur ombre, et demeurent l’esclave d’énergies inconscientes qui jouent avec eux. Nous sommes notre monde, donc responsable de ce que l’on y fait. Et si la manière de l’autre nous a fortement importunée, tâchons de prendre un autre chemin en conscience de ce que nous pourrions créer, sans le réitérer 

 

 

Intégrer l’ombre ne consiste pas à aimer ces maux, cela signifie cesser d’être innocent à leur égard

 

L’esprit préfère les explications qui préserve sa simple innocence. C’est pourquoi il est plus simple de construire des récits dans lesquels nous sommes la partie consciente et blessée. Les choses commencent à changer lorsque nous n'avons plus besoin d’être totalement innocent face à notre histoire.
Il me semble alors bon de se demander pourquoi cela nous affecte t-il avec autant de force ? Cette question n’excuse personne pour ce qu’il vous a fait. Elle empêche simplement le comportement des autres de vous cacher à vous même. Car peut être que l’un des plus grand signe de maturité n’est pas de mieux voir les autres, mais de comprendre qu’une part de soi était caché dans ce que l'on a voulu condamner en perdurant auprès d'eux.

 

Le feu purificateur

Et puis quel honneur me fut accordé par certains anges déchus de me faire vivre mon propre rejet ? Me permettant la clarté sur ce que je dissimulais éminemment en mon sein. Sans eux, comment aurais je pu rencontrer ces parts de moi ? Enterrées sous de telles couches de glus, que ma simple pelle ne suffisait à les débusquer.

Oui, merci à chaque Prométhée galopant sur leurs chevaux de feu, ayant tiré sur moi des flèches de lumières par lesquelles j’acceptais allègrement d’être transpercée, jusqu’à voir jaillir de moi, toutes les parts qui me constituent. Car il n’y a plus grande injustice, que de vivre incomplet. Là où les yeux sous œillères pensent qu’un dieu les sanctionne, les épreuves envoyées ne semble être que pure potentiel d'enfin oser mettre en lumière les parts dont l’on s’est trop longtemps amputés. 

 

 

Alors, avons-nous le courage de prononcer sans affaiblir ni tiédir nos vérités intérieures; 

Puis de quitter les endroits qui nous amputent, pour s’accueillir au complet ?

 

Les éche-lions célestes

 

 

Le processus de re-connexion à soi est une longue quête de vie, peut être même de plusieurs. C’est un processus où l’on réactualise nos expériences, s’abreuve d’épreuves, tout en rentrant en médiation avec soi même. Une conscience qui s'attèle à réunir les fragments dispersés de son être, qui lui se reconstitue lentement à travers l’exploration honnête de l'histoire le précédent.
Il s’agit de prendre le temps nécessaire de nommer et de discuter avec chaque partie en soi, d’autant plus avec celles qui marchande nos valeurs, émettent des résistances, ou nous culpabilise. Ces parts blessés qui ont besoin de temps : il s’agit de les mettre en sécurité, et de leur proposer des alternatives.  

Pardonner ou encore, prendre sa part devient possible lorsque l’on est capable de considérer l’autre, en son soi. Allant peut-être même jusqu'à considérer que ceux faisant du mal, n’ont rien de plus éloignés que notre propre part défensive, qui a sûrement déjà émis elle-même, une bonne dose de poison dans le monde. Tâchons de le reconnaître. Alors peut être que dans un élan du coeur, nous saurons enfin privilégier le potentiel de vie et de création en soi en transcendant tout ce ce qui le maintient éloigné. 

 

 

Et par le rapprochement avec notre propre bienveillance d’avoir su se choisir et non de s'évertuer à changer l'autre, l’on permet que le processus de pardon s'actionne à soi.

 

Béni soit celui porté par un saint désaccord, sachant partir construire ailleurs, les fondations de son propre monde. Lui faisant non pas oublier, mais intégrer, ce qui fut une base pour mieux se connaître, puis avancer vers ce qu'il est. Les autres en ce qu’ils peuvent semer, ne sont finalement que sources d’inspiration. Alors nous ne pouvons que remercier. Non pas leur capacité à rouvrir nos plaies, mais en la nôtre de savoir reconnaître ce qu’il est temps de quitter, pour se mettre en route vers soi.

La souveraineté n’est ni pour, ni contre, mais bien la suspension en les airs d’un être qui a su se retourner en l'épreuve, et revenir en lui-même. 

 

 

L'humanité a tendance à chercher un barbus au dessus des nuages auquel elle adresse ses manifestations. Pourtant, cette présence divine se révèle simplement en nous, et autour de nous. Oui, la présence de l'esprit se trouve dans la matière.

Un épisode de la genèse parle du père créateur contemplant Joshua l’aduler sans sourciller. Témoin et navré de cela, il accepte l’idée de Satan qui lui proposa gaiement de lui ôter ses biens. Joshua désormais dépossédé de tout matériel pense que l’épreuve se trouve en sa croyance mise en doute. Il continue alors et prie d'autant plus, sans pleurer ses pertes. Alors Satan va lui retirer de plus belle, lui enlevant tout ce qu'il pense posséder : épouse, enfants, travail, etc.

"Papa" serait donc si « cruel » ? Non, il souhaite que Joshua enfin, sache se tourner vers lui-même ou comme il dit « va vers toi mon fils, je ne peux savoir à ta place ». Lui permettant de laisser muter sa pimpante croyance en une simple foi en sa capacité à agir sur sa propre vie. L’on peut alors pleurer l’absence d’un père, ou saluer son génie. Et oui, si sans sourciller l’enfant se fit à lui, qu’est ce qui empêche qu’en un autre, il y fera allègrement son nid ?

Seul celui se choisissant profondément de par un saut de l’ange de sa propre tour peut prétendre devenir le souverain de son propre empire.

 

« Le royaume des cieux appartient aux violents. Non pas à ceux qui l’exercent contre les autres, mais bien à ceux qui osent pénétrer la leur, la traverser, pour la retourner en force de vie. La violence retournée nous fait alors devenir l’être capable de soutenir le regard de ce qui nous attend ».

Annick de Souzenelle

L’homme pour vivre en son équilibre a besoin de trouver l'accès à ses source sombres, comme lumineuses. Regardez la plante qui pour grandir doit à la fois s’enraciner dans des profondeurs obscures, et aussi s’élever dans la lumière, supporter le soleil, la pluie et faire face au vent. Observez l’arbre qui lui, ni ne condamne ses racines, ni les complaît, mais se contente d’y puiser la force nécessaire pour poursuivre sa mission d’être en vie. Il n’est ni bon ni mauvais dans la nature, mais simplement, possibilités. Et c’est peut-être ce qui explique qu’il n’y a de guerre dans la nature, car elle ne cherche à juger ce qui est juste ou ce qui ne l’est. Voilà la vie. Et il s’agit de trouver le courage au milieu de toutes ces influences, d’entreprendre son propre chemin.

Lorsque l’on se met à scinder les choses, à adopter des rôles, l’on se fractionne de soi, puis du monde. Mais lorsque l’on rend à l’inachevé son potentiel par la conscience de sa présence, on lui permet d’aboutir. Le drame de la chute n’est pas une faute, mais bien un oubli de soi. Nous ne sommes jamais coupables, mais seulement inachevés. Et ce n’est qu’en cette conscience que l’être de culpabilité peut stopper la boucle et céder la place à sa responsabilité créatrice. Briller ou sombrer, peu importe. Ce n’est pas en l'endroit, mais bien en le choix, que se trouve la liberté. Intégrer ce qui était caché signifie en assumer d’avantage la responsabilité et non moins. C’est là le seul signe profond que l'on a entamé cette transformation.

 

 

Apprendre à se re connaître, c’est retourner, tout un système

 

Construire ce raisonnement m'a pris du temps. J'ai dû moi même plonger dans les aspects les plus complexes de ma propre humanité et le traverser en conscience. J’ai observé tout ce dont l'on est capable de se faire subir lorsque l’on est coupé d’une part de soi, de son histoire et de sa vérité. La gai raison peut intervenir à l’arrêt du jugement des épreuves. Lorsque les glus de la haine ou de la culpabilité se sont dissoute, permettant l'accès à un regard neuf envers le chemin traversé. Lorsque l'on cesse de chercher en le monde, la réponse à ce que l'on doit trouver en soi.

 

Vivre avec grâce, c’est devenir le funambule qui progresse sur le fil de son équilibre maintenu par sa propre dignité.

 

Le phénix ou renaitre de ces cendres

 

Je ne peux accueillir ou résoudre tout un monde, voilà la vérité. Je peux créer l’espace qui m'accueille au complet et batit, voilà mon pouvoir. Mettre fin à cette divisite chronique en ne perdant pas plus de temps à chercher le bon ou le mauvais, mais Adama : l’incarnation, dans l’apprentissage. 

 

En hébreu, le bien désigne ce qui est déjà réalisé, et le mal n’existe pas en tant que ce que nous appelons mauvais, mais en la qualité d’une chose encore non accomplie. Une douleur qui n’attend que d’être rencontrée, puis transformée par l’être. Abandonner les jugements permet de laisser la place pour qu’émerge sa différence, dans l’acceptation des similarités que l’on a, avec ce que l’on rejette de tout cœur. Tout cela, en son propre sanctuaire, où l’on laisse se bâtir avec solidité la relation la plus sincère que l’on se doit d’avoir : celle avec soi-même. Alors l’on s’observe entamer le long périple au fond duquel l’on trouve, puis adoube notre profondeur. Il ne s’agit pas de juger nos épreuves, ou celle des autres, mais d’accueillir en leur état de fait, pour ensuite trouver la possibilité du choix. Celui de désormais vivre à travers un cœur de discernement, le seul permettant de ne plus trahir ses propres limites. C'est une décision à prendre de polir sa propre sagesse, et de proposer de petits espaces sacrés dans lesquels l’on peut s’offrir le pas de côté nécessaire pour entamer le chemin de l'acceptation vers son histoire intérieure.

 

 

Chaque être devrait s'offrir au moins une fois l'opportunité de déposer la grande vérité de son âme. Poser là devant soi, son coeur ensanglanté, et recevoir sa propre reconnaissance de ce geste de courage. La catharsis permet la réconciliation à travers le rite de passage, redonnant sens à toute existence figée dans une épreuve. 

 

"Le mou rejette le feu en l’homme, son désir de vivre, et donc cette présence divine que sert la matière au travers de tous ses paradoxes."

Peut- être qu’il est temps que le phénix brûle, se purifie, et renaisse de ses  cendres. Car le mal en hébreu se traduit par potentiel non accompli, et que notre chemin de vie s’inscrit en le terme d’arbre de connaissance de ce qui est intégré, ou ne l’est pas. Une nouvelle dichotomie, ou niveau de réalité, dans lequel nous pouvons enfin admettre qu'entre la création d'une chose grandiose et d'une autre effroyable, il n'y a que le manque de maitrise d'un potentiel créateur. 

Allons, enflammons le monde

 

Aujourd'hui, les certitudes d’hier s'effondrent pour laisser place aux mystères du maintenant. Il convient de ressentir que le venin et le remède coule en la même source. Ainsi, la réunification des contraires semble être notre destination la plus profonde.

En ce texte, je pose un cercle de feu sur le chemin de ma vie, et dépose cette petite torche qui je suis sûre, pourra en éclairer d’autres.

Travailler à libérer les étincelles prisonnières en nous, c'est aussi travailler à transformer les structures sociales qui perpétuent l'obscurité. Non par violence ou par haine, mais par le choix d'actionner sa conscience et de mener des actions dans le sens de la vie.  Ainsi sortir du dualisme bien et mal comme forces opposées n'est plus une fin. Le mal n'est plus un concept abstrait, mais bien une réalité vécue dans l'expérience ordinaire. Cela propose une vision où le mal est bien réel, mais temporaire et transformable. Cette vision offre une perspective de vie dans laquelle aucune situation n'est irrémédiable et où le travail de transformation a toujours un sens qui participe à quelque chose de plus grand que la vie individuelle.

 

 

Parce que Marie, c’est aimer et ça, on ne me le retirera pas.

Voilà ce que je suis venu transmettre.

 

Merci pour votre lecture. 

 

 

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